Auteur/autrice : CGT Éduc'action Picardie (Page 2 sur 13)

Une liber­té péda­go­gique sous sur­veillance et sous contraintes ?

Motion CGT du col­lège Pas­teur du CA 28/04/25

Une liber­té péda­go­gique sous sur­veillance et sous contraintes ?

C’est à l’occasion d’un « bug » for­tuit mais per­sis­tant que nous, ensei­gnants du col­lège Louis-Pas­teur, avons appris que quelque chose se tra­mait concer­nant le ser­veur infor­ma­tique auquel nous nous connec­tons quo­ti­dien­ne­ment. Selon les quelques bribes d’informations col­lec­tées ici et là, nous avons cru com­prendre que désor­mais les ser­veurs locaux de cha­cun des 81 col­lèges isa­riens dis­pa­rais­saient au pro­fit d’un gros ser­veur cen­tra­li­sé rat­ta­ché au Conseil Dépar­te­men­tal de l’Oise.

Le « bug » blo­quait toute pos­si­bi­li­té de nous connec­ter depuis les postes infor­ma­tiques de nos salles de classe aux sites tels que l’ENT HDF ou Pro­note, mais nous per­met­tait l’accès à tout autre site non ins­ti­tu­tion­nel, ce qui est un comble. Cepen­dant, cette erreur de para­mé­trage dévoile la puis­sance de cen­sure que détient celui qui pos­sède l’accès au ser­veur, d’autant plus lorsque le ser­veur est cen­tra­li­sé et que d’un clic on peut déci­der quels sites sont consul­tables ou non depuis l’intégralité des col­lèges d’un ter­ri­toire départemental.

Après avoir sou­le­vé la ques­tion lors des deux Conseils d’Administration pré­cé­dents, et après avoir échoué à obte­nir une remon­tée par voie hié­rar­chique de ces inquié­tudes, nous pré­sen­tons donc nos remarques et pré­oc­cu­pa­tions par le biais de cette motion.

Nous rap­pe­lons que si le Conseil dépar­te­men­tal pos­sède le bâti et est pro­prié­taire des ordi­na­teurs et du réseau infor­ma­tique, il ne pos­sède nulle auto­ri­té hié­rar­chique sur nous, ensei­gnants, et que, de toute façon, toute auto­ri­té hié­rar­chique s’exerce dans les limites fixées par la loi.

Or, ce ser­veur cen­tra­li­sé est non seule­ment une poten­tia­li­té de cen­sure concer­nant les sites dont nous nous ser­vons lors de nos cours et lors de nos pré­pa­ra­tions de cours entre les heures de face-à-face élèves, mais aus­si un outil de sur­veillance géné­ra­li­sée poten­tielle qui nous semble excessif.

Chaque ensei­gnant se connecte via des iden­ti­fiants per­son­na­li­sés, et il sera donc loi­sible au Conseil Dépar­te­men­tal de sur­veiller l’activité infor­ma­tique de cha­cun, nomi­na­ti­ve­ment, en temps réel, grâce à des algo­rithmes dont le para­mé­trage nous res­te­ra obs­cur. Ain­si, demain, tout par­ti poli­tique au pou­voir serait à même de détec­ter que Madame X au col­lège A et Mon­sieur Y au col­lège B ont fait une recherche conte­nant les mots « migrants », « femme », ou « genre »…

S’il nous paraît légi­time que nos auto­ri­tés puissent exa­mi­ner nos connexions lorsqu’une enquête en bonne et due forme est dili­gen­tée, nous nous éle­vons en revanche contre cette sur­veillance géné­ra­li­sée poten­tielle constante et en temps réel. Qu’on ne nous oppose pas la trans­pa­rence comme ver­tu allant de pair avec l’innocence : le Conseil Dépar­te­men­tal a pris la déci­sion de créer ce ser­veur cen­tra­li­sé sans nous en infor­mer et sans nous en expo­ser les enjeux et conséquences.

 

Nos don­nées sont-elles sto­ckées voire exploitées ?

En outre, nous nous inter­ro­geons sur ce que deviennent les don­nées qui tran­sitent via ce nou­veau ser­veur cen­tra­li­sé : sont-elles col­lec­tées et sto­ckées ? Il nous semble pro­bable que cela soit le cas, aus­si aime­rions-nous des réponses pré­cises et détaillées aux ques­tions ci-dessous :

Pour rap­pel, au sens du RGPD, le Règle­ment Géné­ral sur la Pro­tec­tion des Don­nées, texte euro­péen qui s’applique en France depuis 2018, est consi­dé­rée comme une don­née per­son­nelle « toute infor­ma­tion se rap­por­tant à une per­sonne phy­sique iden­ti­fiée ou iden­ti­fiable ». Les don­nées col­lec­tées lors de notre exer­cice pro­fes­sion­nel dans les locaux du col­lège relèvent donc des « don­nées per­son­nelles » régies par le RGPD.

1. Quelles don­nées par­ti­cu­lières étaient col­lec­tées voire sto­ckées via les ser­veurs locaux de chaque EPLE, et à quelles fins ? La mise en place d’un gros ser­veur cen­tra­li­sé est-elle un simple chan­ge­ment d’échelle (qui accroît néan­moins les risques que nous sou­le­vons) ou s’accompagne-t-elle aus­si d’une modi­fi­ca­tion du type de don­nées col­lec­tées, de leur clas­si­fi­ca­tion et/ou de leur stockage ?

2. Où seront sto­ckées nos don­nées per­son­nelles ? Dans quel Data Cen­ter ? En France ou à l’étranger ? Sous la pro­prié­té de quelle entre­prise pri­vée ? (On se sou­vient que mon­sieur Blan­quer avait fait héber­ger les résul­tats des éva­lua­tions natio­nales des jeunes élèves fran­çais par Ama­zon en Irlande, sans que les parents en soient informés…)

3. Com­bien de temps ces don­nées sont-elles sto­ckées et qui y a accès ?

4. Les datas col­lec­tées sont-elles sus­cep­tibles de revente à des entre­prises pri­vées ? L’État fran­çais ayant auto­ri­sé via la CNIL depuis 2018 la revente des don­nées médi­cales per­son­nelles par les phar­ma­cies à IQVIA, mul­ti­na­tio­nale amé­ri­caine, notre ques­tion semble fondée…

5. La cen­tra­li­sa­tion des don­nées expose au pira­tage infor­ma­tique et s’avère contraire au prin­cipe de robus­tesse : quels sont les moyens dédiés à la cyber­sé­cu­ri­té pour pro­té­ger ces données ?

6. Le RGPD rap­pelle que chaque citoyen est pro­prié­taire des don­nées le concer­nant, et cha­cun de nous doit pou­voir deman­der la trans­mis­sion des don­nées indi­vi­duelles conser­vées. Com­ment se fait-il que nous n’ayons pas été des­ti­na­taires d’une infor­ma­tion légale nous indi­quant ce droit et la façon de l’exercer ?

Pour finir, nous affir­mons qu’une réponse ras­su­riste met­tant en avant l’anonymisation des don­nées sto­ckées ne sau­rait nous satis­faire : l’émission « Cash inves­ti­ga­tion : nos don­nées per­son­nelles valent de l’or » de 2021 a ample­ment mon­tré, avec le cher­cheur Yves-Alexandre de Mont­joye de l’Imperial Col­lege de Londres, que l’anonymisation n’était qu’une bien fra­gile façade.

 

Les repré­sen­tants ensei­gnants de la liste CGT Educ’action du col­lège Louis-Pas­teur de Noyon

 

La motion en PDF

Same­di 8 mars : grève féministe !

Pour des vies libres et sans vio­lence, pour l’égalité et la digni­té dans les droites et dans les faits, pour battre l’extrême droite et ses idées : nous appe­lons à la grève géné­rale fémi­niste le 8 mars 2025, jour­née de lutte pour les droits des femmes et des mino­ri­tés de genre.

Plu­sieurs mani­fes­ta­tions auront lieu en Picardie :

  • dans l’Aisne :
    • à l’UL CGT de Laon (35 av. Aris­tide Briand) : 10h00 : ciné-débat sur le film « Woman », sui­vi d’un repas soli­daire, puis, à 14h00, d’une expo­si­tion sur le thème des com­bats des femmes dans le monde et d’un ate­lier « com­battre les stéréotypes ».
  • dans l’Oise :
    • à Beau­vais : ras­sem­ble­ment place Jeanne Hachette à 10h00 ;
    • à Noyon : ras­sem­ble­ment devant le théâtre (6 pl. Aris­tide Briand) de 9h00 à 12h00.
  • dans la Somme :
    • à Abbe­ville : mani­fes­ta­tion à 10h30, place de la Mairie ;
    • à Amiens : mani­fes­ta­tion à 18h00, départ de la Mai­son de la culture, place Léon Gontier.

 

Ras­sem­ble­ment devant le Rec­to­rat mer­cre­di 6 novembre à 17H

Cette ren­trée marque une étape sup­plé­men­taire dans la dégra­da­tion du ser­vice public d’Éducation. Les condi­tions de tra­vail sont dégra­dées par des contre-réformes insen­sées, une crise du recru­te­ment des per­son­nels exa­cer­bée et des effec­tifs sou­vent lourds, dans le 1er degré comme dans le 2nd degré. Tous les jours, nos col­lègues nous disent leur colère, leur amer­tume, leur désen­chan­te­ment, leur souf­france au tra­vail – d’autant plus que le gou­ver­ne­ment leur impose de tra­vailler deux ans de plus en rai­son de la réforme Borne/Macron dont nous conti­nuons à deman­der l’abrogation. L’École est tenue à bout de bras par des per­son­nels à bout de souffle, mal­me­nés et méprisés.

 

REFUSONS LA SUPPRESSION DE PLUS DE 4000 POSTES !


C’est dans ce contexte que nous avons appris la sup­pres­sion de 4000 postes d’enseignants à la pro­chaine ren­trée. Cette annonce est scan­da­leuse : elle va conduire à des sup­pres­sions de postes, des fer­me­tures de classes, d’écoles, une dimi­nu­tion de l’offre de for­ma­tion qui vont mettre à mal le ser­vice public d’Éducation. Et contrai­re­ment à ce que le gou­ver­ne­ment ne cesse de répé­ter, il ne s’agit pas de suivre la démo­gra­phie. Si la variable démo­gra­phique était vrai­ment la bous­sole, des emplois auraient été créés et non sup­pri­més dans le second degré ces six der­nières années, pen­dant les­quelles nous avons eu 8865 élèves sup­plé­men­taires. Ce sont donc des choix poli­tiques por­tés par le gou­ver­ne­ment : ceux de ne pas pré­ser­ver l’Éducation natio­nale de l’austérité et d’aggraver la crise qu’elle tra­verse. Nous ne l’acceptons pas et c’est le sens de l’alerte sociale que les orga­ni­sa­tions syn­di­cales de l’é­du­ca­tion ont dépo­sée. Nous exi­geons l’annulation des plus de 4000 sup­pres­sions de postes et la créa­tion de tous les postes néces­saires.

 

ET EXIGEONS DE RÉCUPÉRER LES HSE !


De plus, Mon­sieur le Rec­teur avait annon­cé dès sep­tembre la dis­pa­ri­tion des HSE au pro­fit du seul Pacte !
Ain­si, plus aucune HSE ne serait ver­sée aux éta­blis­se­ments, que ce soit pour le rem­pla­ce­ment de courte durée, pour “Devoirs Faits” ou pour toute autre heure d’enseignement ou pro­jet édu­ca­tif comme les oraux blancs, le sou­tien ou les clubs par exemple.
Les orga­ni­sa­tions syn­di­cales de Picar­die, la CGT Éduc’action, le SNES-FSU, le SNEP-FSU, le SNUEP-FSU, SUD Édu­ca­tion, le SGEN-CFDT, le SE-UNSA, la FNEC-FP-FO, le SNETAA conti­nuent d’exiger l’abandon du Pacte qui ne consti­tue en rien une aug­men­ta­tion sala­riale, et ont lan­cé une cam­pagne de mobi­li­sa­tion pour exi­ger le retour des HSE dans les éta­blis­se­ments afin de rému­né­rer les col­lègues volon­taires enga­gés dans des pro­jets péda­go­giques, le tuto­rat, des oraux d’en­traî­ne­ment aux exa­mens, des for­ma­tions à la sécu­ri­té etc..

Fortes de leur action depuis sep­tembre, elles ont obte­nu une audience auprès du Rec­teur mer­cre­di 6 novembre à 17H30 pour lui faire part des consé­quences désas­treuses de la sup­pres­sion des HSE, et obte­nir leur retour.

 

Elles appellent à un
RASSEMBLEMENT MERCREDI 6 NOVEMBRE à 17H DEVANT LE RECTORAT
afin d’ac­com­pa­gner la délé­ga­tion qui se ren­dra à l’au­dience, et de récla­mer haut et fort les HSE et les postes.

Conti­nuons à signer et à faire signer la péti­tion inter­syn­di­cale en ligne :
https://www.change.org/p/rendez-les-hse-monsieur-le-recteur
et soyons nom­breuses et nom­breux devant le rec­to­rat mer­cre­di 6 novembre à 17h

Non au « Choc des savoirs », jour­née natio­nale de mobi­li­sa­tion le same­di 25 mai pour l’École publique !

Nos orga­ni­sa­tions sont mobi­li­sées contre le « Choc des savoirs » depuis plu­sieurs mois. Nous dénon­çons cet ensemble de mesures, du pre­mier degré au second degré, qui des­sine les contours d’un modèle d’École pas­séiste et conser­va­teur. Il vise à géné­ra­li­ser le tri des élèves dès le plus jeune âge, notam­ment par les groupes de niveaux, mais aus­si en condi­tion­nant l’accès direct au lycée par la mise en place de classes pré­pa-seconde en lycée géné­ral, tech­no­lo­gique ou pro­fes­sion­nel, en fai­sant du bre­vet une bar­rière à l’entrée au lycée. Le « Choc des savoirs » est une attaque fron­tale contre l’Ecole publique. Il est syno­nyme de retour en arrière sans pré­cé­dent, en reve­nant sur les acquis de 60 ans de démo­cra­ti­sa­tion sco­laire. C’est aus­si une cer­taine vision de la socié­té qui est esquis­sée, celle du tri et de l’assignation sociale, dan­ge­reuse pour notre démo­cra­tie. Un pays où la jeu­nesse se trouve assi­gnée à ses posi­tions sco­laires et sociales court un grave dan­ger démocratique.

Nos orga­ni­sa­tions réaf­firment avec force leur atta­che­ment au pro­jet sco­laire de l’École publique, laïque, gra­tuite et obli­ga­toire : accueillir par­tout tous les élèves sans dis­tinc­tion d’aucune sorte, être ambi­tieux pour cha­cun, res­pec­ter et par­ti­ci­per à une véri­table liber­té de conscience notam­ment par la construc­tion de l’esprit cri­tique autour de savoirs scien­ti­fi­que­ment validés.

Aujourd’hui, le ser­vice public d’Éducation tra­verse une crise sans pré­cé­dent : crise de recru­te­ment, démis­sions, per­son­nels qui témoignent d’une perte de sens de leur métier… A l’instar de l’hôpital public, l’École publique n’est pas loin de l’effondrement alors qu’elle doit avoir les moyens d’être l’école de la pre­mière chance. Nous ne nous y rési­gnons pas ! Depuis plu­sieurs mois, nous sommes enga­gé-es dans la mobi­li­sa­tion contre le « Choc des savoirs » et pour la défense de l’École publique, réunis­sant au fil des jours, des semaines et des mois de plus en plus de per­son­nels de l’Éducation natio­nale et de parents d’élèves. Pour­sui­vons et ampli­fions la mobilisation !

Nos orga­ni­sa­tions appellent les familles, ensei­gnants, per­son­nels édu­ca­tifs, béné­voles et mili­tants des asso­cia­tions d’éducation popu­laire, lycéens, étu­diants et toutes celles et ceux qui se retrouvent dans le pro­jet d’une École publique, laïque et éman­ci­pa­trice à mani­fes­ter le same­di 25 mai, en région ou à Paris, pour l’École publique et pour dire « non au Choc des savoirs ». Ensemble, fai­sons socié­té autour de l’école !

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Thème original d' Anders Noren - modifié par J.-B. Barilla