Auteur/autrice : CGT Éduc'action Picardie (Page 1 sur 13)
La CGT condamne cette agression militaire contre un État souverain, opération visant à imposer un changement de régime pour prendre le contrôle des ressources pétrolières. Cette agression impérialiste et l’enlèvement d’un chef d’État constituent de graves précédents.
La France et la communauté internationale via l’ONU doivent réagir sans délai face à cette scandaleuse agression qui aggrave une situation internationale déjà tendue.
La CGT réaffirme son attachement à la démocratie, au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, à la paix et à la régulation internationale. Elle affirme sa solidarité avec le peuple vénézuélien.
Montreuil, le 3 janvier 2026
Lire le communiqué en PDF.
Depuis le vendredi 10 octobre, l’ensemble de nos lycées publics est frappé de plein fouet par le rançongiciel Qilin, provoquant la paralysie quasi-totale de près des trois quarts des établissements des académies d’Amiens et de Lille.
Ce sont tous les services de l’éducation qui sont démantelés : messagerie, gestion des absences et retards des élèves, remontée des notes sur les livrets scolaires en ligne et sur Parcoursup, gestion de la restauration, gestion administrative des personnels, accès aux ressources et logiciels pédagogiques, ateliers techniques, tout est bloqué. C’est l’Éducation nationale, dans son intégralité, qui est sacrifiée.
La CGT Éduc’action refuse de solliciter le Recteur à ce sujet. Nous connaissons à l’avance sa réponse. Il nous répondra simplement que la responsabilité de ce désastre ne relève pas de l’institution académique.
Pourtant, cette cyberattaque est le résultat direct des décisions prises depuis 2022 avec la création de la DRA-SI. En centralisant l’informatique au niveau régional et en retirant les agents territoriaux du terrain pour les cantonner à des tâches matérielles, l’État et la Région ont affaibli la sécurité informatique des établissements. Dans les faits, il y a aujourd’hui moins de présence technique, des serveurs Microsoft centralisés qui sont devenus des cibles idéales, et une dépendance totale à une infrastructure unique. Tout était réuni pour qu’une attaque réussisse. La preuve : les serveurs pédagogiques locaux, plus isolés, n’ont pas été touchés.
La conséquence est sans appel : les lycées privés sous contrat ayant refusé la centralisation numérique et la dépendance au système Microsoft imposées par la Région Hauts-de-France continuent de fonctionner. Le service public est le seul à subir.
Tel est le prix de choix politiques dangereux faits au détriment de la sécurité, des personnels et des élèves. Et cela, on peut l’imputer au ministère de l’Éducation nationale, ainsi qu’au président de la Région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, et sa majorité régionale. Leur politique d’externalisation, de sous-investissement et de dépendance systématique aux multinationales a délibérément exposé le service public à ce type d’agression…
Pire encore, en plein chaos, la Région HDF maintient son projet de diminuer la Dotation Globale de Fonctionnement de nos lycées de près de deux millions d’euros, attestant que l’affaiblissement du service public est bel et bien un objectif structurel. Dans un article publié le 14 octobre par L’Union (« Un précédent dangereux : les lycées publics des Hauts-de-France invités à trouver des financements privés » : https://www.lunion.fr/id756018/ article/2025–10-14/un-precedent-dangereux-les-lycees-publics-des-hauts-de-france-invites-trouver), le journal révèle que la Région incite les établissements à diversifier leurs ressources en recherchant des financements extérieurs, notamment privés. Une telle orientation, dénoncée comme un « précédent dangereux », fait craindre un accroissement des inégalités entre lycées et une remise en cause du principe d’égalité d’accès à l’éducation publique.
En attendant, la paralysie informatique constitue un sabotage pédagogique sans précédent. Les enseignants sont empêchés de travailler les compétences fondamentales, les programmes prennent un retard que nos élèves seront contraints d’assumer, créant ainsi une rupture d’égalité entre élèves du public et du privé. Il n’est pas possible d’avoir accès aux ressources pédagogiques de l’ENT ni d’utiliser les logiciels de cartographie, de modélisation 3D, de création graphique, de conception, de gestion de la maintenance, de programmation d’automate, de gestion des réseaux, etc. : ce sont toutes les filières, professionnelles et techniques comme générales, qui sont impactées.
Face à cette crise, l’Administration ne propose pour l’instant qu’une injonction méprisante : l’appel à la débrouille personnelle.
Il est totalement intolérable de demander aux personnels de pallier les carences de la Région et de l’État en mobilisant leurs propres ressources comme les téléphones portables, les ordinateurs, les connexions 3G et 4G issues de leurs abonnements de téléphonie cellulaire : la CGT Éduc’action condamne ce transfert de responsabilité inacceptable.
Nos outils de travail sont une obligation de l’employeur et non une variable d’ajustement. Notre employeur est le ministère de l’Éducation nationale, ce n’est pas la région Hauts-de-France. C’est à l’État de pallier aujourd’hui la défaillance de la région HDF et d’équiper sérieusement ses personnels en matériel informatique, pas simplement par une prime annuelle dérisoire.
Pendant que la Région spécule sur un retour à la normale en plusieurs semaines, nos collègues techniciens informatiques sont placés sous une pression professionnelle intenable, privés de répit, contraints de réparer le désastre causé par les décisions de leurs élus.
La CGT Éduc’action exige l’application immédiate d’un plan d’urgence massif pour le rétablissement d’infrastructures sécurisées, l’octroi de renforts humains pour les personnels techniques, une transparence totale sur l’ampleur des données compromises, et surtout l’interdiction formelle de contraindre tout personnel à utiliser son matériel personnel pour les besoins du service.
Nous exigeons le déploiement urgent de solutions informatiques alternatives, sécurisées et réellement souveraines, notamment par l’application de la circulaire de 2012 « Orientations pour l’usage des logiciels libres dans l’administration », qui demande que l’administration publique passe au logiciel libre pour une souveraineté numérique (https://www.legifrance.gouv.fr/circulaire/ id/35837).
Assez du mépris et de l’austérité ! Nous appelons l’ensemble des personnels à la mobilisation et au refus catégorique d’utiliser leurs outils personnels. Il est temps d’organiser la riposte collective et d’interpeller sans concession Xavier Bertrand lors des prochaines instances comme au CESER ou au CAEN.
Budget Bayrou : 43,8 millions d’économie sur notre dos dès 2026 !- 20,8 milliards d’euros tirés de la « maîtrise durable de la dépense publique », avec l’objectif de ne pas dépenser un euro de plus en 2026 qu’en 2025, notamment en diminuant de 3 000 le nombre d’emplois publics dès 2026, et en ne remplaçant pas un fonctionnaire sur trois partant à la retraite à compter de 2027, soit un démantèlement programmé des services publics qui touchera nécessairement l’Éducation nationale ;
- 5,5 milliards tirés de la diminution des dépenses sociales, avec notamment le doublement de la franchise sur les médicaments remboursés par la Sécurité sociale, ou une réforme des affections de longue durée, soit une attaque du droit fondamental aux soins ;
- 4,2 milliards d’euros obtenus par la suppression de deux jours fériés, « le lundi de Pâques et le 8 mai », pour les salariés du privé et du public, soit une attaque des congés payés gagnés de haute lutte.
Le résultat est prévisible : des services publics encore davantage dégradés,
et un nouvel abaissement du niveau de vie pour des pans entiers de la population !
Pendant ce temps-là, les aides publiques aux entreprises explosent : 211 milliards d’euros en 2023, sans transparence ni conditions. Et les sénateurs refusent de voter la taxe Zucman sur le patrimoine des ultra-riches, qui rapporterait pourtant plus de 20 milliards.
Refusons ce chantage à la dette ! L’argent existe, mais il est mal distribué.
Démission ou pas, pour bloquer ce budget inique et imposer un autre modèle de société, la CGT Educ’action de Picardie appelle à se mettre en grève dès le 10 septembre et à rejoindre les mobilisations locales.
Le Conseil régional des Hauts-de-France vient de valider une réorganisation d’ampleur sur la distribution (vente des billets) dans les gares. Cela aura pour effet :
- de nombreuses fermetures de gares,
- des réductions d’amplitudes pour quasiment toutes les autres,
- près de 80 suppressions de postes, principalement des contrats intérimaires non renouvelés.
La CGT est très inquiète de ces décisions. Plutôt que cette casse du service public, nous portons un projet alternatif : une réorganisation prenant mieux en compte les besoins des usagers, avec une adaptation fine des horaires d’ouverture des guichets et des gares en fonctions de leur fréquentation réelle.
Le Conseil régional fonde ses décisions sur des statistiques de transactions par jour, un indicateur que nous jugeons insuffisant. Il ne reflète ni la fréquentation réelle, ni les besoins en accompagnement humain.
Alors que la fréquentation des trains est en hausse, les usagers ont plus que jamais besoin de présence en gare : pour être renseignés, orientés, accompagnés que ce soit pour leurs trajets du quotidien comme pour leurs voyages de loisir.
Signez la pétition et partagez la : https://chng.it/yKjpXCxQVQ
Plusieurs rassemblements auront lieu en Picardie.
- Dans l’AISNE :
- Laon : rendez-vous à 10 h00, devant le lycée Paul Claudel (place Foch) ;
- Saint Quentin : rendez-vous à 15h00, place du 8 octobre.
- Laon : rendez-vous à 10 h00, devant le lycée Paul Claudel (place Foch) ;
- Dans l’OISE :
- Montataire : rendez-vous à 10h00, devant la Mairie, 1 place Auguste Génie.
- Dans la SOMME :
- Amiens : rendez-vous à 14h00, devant la Maison de la culture, 2 place Léon Gontier.
Motion CGT du collège Pasteur du CA 28/04/25
Une liberté pédagogique sous surveillance et sous contraintes ?
C’est à l’occasion d’un « bug » fortuit mais persistant que nous, enseignants du collège Louis-Pasteur, avons appris que quelque chose se tramait concernant le serveur informatique auquel nous nous connectons quotidiennement. Selon les quelques bribes d’informations collectées ici et là, nous avons cru comprendre que désormais les serveurs locaux de chacun des 81 collèges isariens disparaissaient au profit d’un gros serveur centralisé rattaché au Conseil Départemental de l’Oise.
Le « bug » bloquait toute possibilité de nous connecter depuis les postes informatiques de nos salles de classe aux sites tels que l’ENT HDF ou Pronote, mais nous permettait l’accès à tout autre site non institutionnel, ce qui est un comble. Cependant, cette erreur de paramétrage dévoile la puissance de censure que détient celui qui possède l’accès au serveur, d’autant plus lorsque le serveur est centralisé et que d’un clic on peut décider quels sites sont consultables ou non depuis l’intégralité des collèges d’un territoire départemental.
Après avoir soulevé la question lors des deux Conseils d’Administration précédents, et après avoir échoué à obtenir une remontée par voie hiérarchique de ces inquiétudes, nous présentons donc nos remarques et préoccupations par le biais de cette motion.
Nous rappelons que si le Conseil départemental possède le bâti et est propriétaire des ordinateurs et du réseau informatique, il ne possède nulle autorité hiérarchique sur nous, enseignants, et que, de toute façon, toute autorité hiérarchique s’exerce dans les limites fixées par la loi.
Or, ce serveur centralisé est non seulement une potentialité de censure concernant les sites dont nous nous servons lors de nos cours et lors de nos préparations de cours entre les heures de face-à-face élèves, mais aussi un outil de surveillance généralisée potentielle qui nous semble excessif.
Chaque enseignant se connecte via des identifiants personnalisés, et il sera donc loisible au Conseil Départemental de surveiller l’activité informatique de chacun, nominativement, en temps réel, grâce à des algorithmes dont le paramétrage nous restera obscur. Ainsi, demain, tout parti politique au pouvoir serait à même de détecter que Madame X au collège A et Monsieur Y au collège B ont fait une recherche contenant les mots « migrants », « femme », ou « genre »…
S’il nous paraît légitime que nos autorités puissent examiner nos connexions lorsqu’une enquête en bonne et due forme est diligentée, nous nous élevons en revanche contre cette surveillance généralisée potentielle constante et en temps réel. Qu’on ne nous oppose pas la transparence comme vertu allant de pair avec l’innocence : le Conseil Départemental a pris la décision de créer ce serveur centralisé sans nous en informer et sans nous en exposer les enjeux et conséquences.
Nos données sont-elles stockées voire exploitées ?
En outre, nous nous interrogeons sur ce que deviennent les données qui transitent via ce nouveau serveur centralisé : sont-elles collectées et stockées ? Il nous semble probable que cela soit le cas, aussi aimerions-nous des réponses précises et détaillées aux questions ci-dessous :
Pour rappel, au sens du RGPD, le Règlement Général sur la Protection des Données, texte européen qui s’applique en France depuis 2018, est considérée comme une donnée personnelle « toute information se rapportant à une personne physique identifiée ou identifiable ». Les données collectées lors de notre exercice professionnel dans les locaux du collège relèvent donc des « données personnelles » régies par le RGPD.
1. Quelles données particulières étaient collectées voire stockées via les serveurs locaux de chaque EPLE, et à quelles fins ? La mise en place d’un gros serveur centralisé est-elle un simple changement d’échelle (qui accroît néanmoins les risques que nous soulevons) ou s’accompagne-t-elle aussi d’une modification du type de données collectées, de leur classification et/ou de leur stockage ?
2. Où seront stockées nos données personnelles ? Dans quel Data Center ? En France ou à l’étranger ? Sous la propriété de quelle entreprise privée ? (On se souvient que monsieur Blanquer avait fait héberger les résultats des évaluations nationales des jeunes élèves français par Amazon en Irlande, sans que les parents en soient informés…)
3. Combien de temps ces données sont-elles stockées et qui y a accès ?
4. Les datas collectées sont-elles susceptibles de revente à des entreprises privées ? L’État français ayant autorisé via la CNIL depuis 2018 la revente des données médicales personnelles par les pharmacies à IQVIA, multinationale américaine, notre question semble fondée…
5. La centralisation des données expose au piratage informatique et s’avère contraire au principe de robustesse : quels sont les moyens dédiés à la cybersécurité pour protéger ces données ?
6. Le RGPD rappelle que chaque citoyen est propriétaire des données le concernant, et chacun de nous doit pouvoir demander la transmission des données individuelles conservées. Comment se fait-il que nous n’ayons pas été destinataires d’une information légale nous indiquant ce droit et la façon de l’exercer ?
Pour finir, nous affirmons qu’une réponse rassuriste mettant en avant l’anonymisation des données stockées ne saurait nous satisfaire : l’émission « Cash investigation : nos données personnelles valent de l’or » de 2021 a amplement montré, avec le chercheur Yves-Alexandre de Montjoye de l’Imperial College de Londres, que l’anonymisation n’était qu’une bien fragile façade.
Les représentants enseignants de la liste CGT Educ’action du collège Louis-Pasteur de Noyon






