tract aed amiens

5 mars 2026 – Fin d’après-midi.
La direc­tion de la cité sco­laire Delambre-Mon­taigne a été infor­mée d’une panne impor­tante entraî­nant une cou­pure géné­ra­li­sée d’eau au sein de l’établissement et des inter­nats. Très rapi­de­ment, la situa­tion s’est dégra­dée. Face à l’impossibilité pour les élèves internes d’utiliser les sani­taires de l’in­ter­nat et d’assurer leur toi­lette élé­men­taire, nos col­lègues ont réagi. Les tra­vailleuses et les tra­vailleurs, confron­tés à des condi­tions d’accueil for­te­ment dégra­dées pour plu­sieurs cen­taines d’usagers mineurs, ont esti­mé que leurs propres condi­tions d’hygiène et de tra­vail n’étaient pas respectées !
Les AED pré­sents ont pris connais­sance de la situa­tion, ont échan­gé sur les condi­tions de tra­vail et d’accueil et ont déci­dé col­lec­ti­ve­ment, après avoir voté, d’exercer leur droit de grève dans le cadre du pré­avis natio­nal dépo­sé par la CGT Éduc’action. La hié­rar­chie a été infor­mée de la grève et les col­lègues ont ensuite quit­té l’établissement. Ils ont depuis subi une rete­nue sur salaire au titre de la grève.

PAS D’EAU… MAIS DES RESPONSABLES À TROUVER ?

Aujourd’hui, plu­sieurs AED se voient repro­cher un pré­ten­du « man­que­ment à l’obligation de sur­veillance » au motif qu’ils auraient lais­sé des élèves internes sous le seul enca­dre­ment d’un CPE.
• Com­ment des per­son­nels gré­vistes, ayant quit­té leur ser­vice et subi une rete­nue sur salaire, pour­raient-ils être tenus res­pon­sables de mis­sions qu’ils n’assuraient plus ?
• Lorsque les condi­tions d’accueil deviennent incom­pa­tibles avec une hygiène nor­male ; qui porte réel­le­ment la res­pon­sa­bi­li­té des déci­sions prises pour main­te­nir ou non l’accueil des élèves ?

EXERCER SON DROIT DE GRÈVE DEVIENT-IL UNE FAUTE ?

Les agents ont été pré­le­vés d’1/30e de leur salaire. Ils ont été consi­dé­rés gré­vistes mais subissent en plus une pro­cé­dure disciplinaire.
Le droit de grève est un droit consti­tu­tion­nel. L’exercer ne devrait jamais deve­nir un motif de pres­sion. La situa­tion consti­tue donc un pré­cé­dent inquié­tant pour l’ensemble des personnels.
Demain, quelle autre caté­go­rie de per­son­nels pour­rait se voir repro­cher l’exercice de son droit inalié­nable de grève pour dénon­cer d’inacceptables condi­tions de tra­vail dégradées ?

Lorsque les condi­tions d’accueil deviennent incom­pa­tibles avec l’hygiène et la digni­té des usa­gers et des tra­vailleurs, celles et ceux qui pro­testent doivent-ils deve­nir les responsables ?

Cette situa­tion concerne tous les personnels !
Posons-nous col­lec­ti­ve­ment la question.
Si demain, des enseignant·es, des AESH, des per­son­nels admi­nis­tra­tifs, des per­son­nels tech­niques et même des per­son­nels de direc­tion étaient confronté·es à une dégra­da­tion bru­tale des condi­tions de tra­vail ou d’accueil des usa­gers. S’ils ou elles déci­daient col­lec­ti­ve­ment d’alerter, de pro­tes­ter ou d’exercer leur droit de grève :
– trou­ve­rions-nous nor­mal qu’ils ou elles fassent ensuite l’objet de pro­cé­dures disciplinaires ?
– trou­ve­rions-nous accep­table qu’un droit exer­cé à un ins­tant don­né devienne, plu­sieurs semaines plus tard, un motif de sanctions ?

DÉFENDRE LES AED, C’EST DÉFENDRE NOS DROITS À TOUTES ET TOUS !
– le droit de grève, lorsqu’un col­lec­tif estime devoir ces­ser le tra­vail pour pro­tes­ter contre des condi­tions jugées inacceptables
– le droit à des condi­tions de tra­vail et d’accueil dignes, pour les per­son­nels comme pour les usa­gers du ser­vice public
– le droit d’alerter, sans craindre ensuite d’être isolé·e ou désigné·e comme responsable
– le droit à la soli­da­ri­té entre col­lègues, quelles que soient les fonc­tions exer­cées dans l’établissement
– le refus de faire por­ter aux plus pré­caires la res­pon­sa­bi­li­té de dys­fonc­tion­ne­ments qui dépassent leur champ d’action.
Aucun per­son­nel ne devrait avoir à choi­sir entre ses droits, sa conscience pro­fes­sion­nelle et la peur des conséquences.
Aujourd’hui les AED, demain ce sera vous !

Com­mu­ni­qué inter­syn­di­cal répression
des aed de Delambre-Montaigne