Auteur/autrice : CGT Éduc'action Picardie (Page 9 sur 13)

Salaires : le 27 jan­vier, l’heure est désor­mais à la mobi­li­sa­tion de toutes et tous !

Per­sonne ne peut igno­rer le contexte social et éco­no­mique, les aug­men­ta­tions des pro­duits de pre­mière néces­si­té, de l’énergie comme de l’alimentation et, fina­le­ment, du coût de la vie pour toutes et tous, jeunes, actifs, deman­deurs d’emploi et retraités.

Per­sonne n’ignore que seuls les salaires, les pen­sions et les aides et allo­ca­tions conti­nuent de stag­ner ou même de bais­ser au regard de l’inflation, de décro­cher par rap­port aux qua­li­fi­ca­tions, dans le pri­vé comme dans le public.

Si, dans cer­tains sec­teurs et entre­prises, des mobi­li­sa­tions et des négo­cia­tions ont per­mis d’obtenir des reva­lo­ri­sa­tions de salaires, trop sou­vent encore les négo­cia­tions sont au point mort ou les pro­po­si­tions des employeurs loin du compte.

Les orga­ni­sa­tions CGT, FO, FSU, Soli­daires, Fidl, MNL, Unef et UNL ne peuvent s’en satis­faire et n’entendent pas en res­ter là !

Sans aug­men­ta­tion du point d’indice et du Smic, il n’y aura aucune avan­cée pour les salarié.e.s dont les míni­ma de branche sont actuel­le­ment en des­sous du salaire de base minimum.

Les orga­ni­sa­tions CGT, FO, FSU, Soli­daires, Fidl, MNL, Unef et UNL contestent, dans le même temps, que le gou­ver­ne­ment ait main­te­nu sa réforme de l’assurance chô­mage qui aura pour consé­quence d’enfermer de trop nom­breux sala­riés dans des emplois à faible salaire, à temps par­tiel ou en CDD.

Les retraité.e.s, très mas­si­ve­ment mobilisé.e.s, attendent tou­jours une réponse pour une aug­men­ta­tion immé­diate de leur pen­sion, retraite de base et retraite com­plé­men­taire, dont la der­nière reva­lo­ri­sa­tion a été pla­fon­née à un niveau très infé­rieur à l’inflation.

La jeu­nesse, confron­tée à une grande pré­ca­ri­té de vie et de tra­vail, à la pau­vre­té, accen­tuées par la crise sani­taire, éco­no­mique et sociale, doit obte­nir une réponse à l’encontre des réformes libé­rales, de l’éducation, de la for­ma­tion, de l’assurance chô­mage, déci­dées par le gouvernement.

Les orga­ni­sa­tions CGT, FO, FSU, Soli­daires, Fidl, MNL, Unef et UNL sou­tiennent les actions et mobi­li­sa­tions orga­ni­sées dans les jours et semaines qui viennent pour exi­ger des aug­men­ta­tions de salaires et défendre les emplois et condi­tions de tra­vail et appellent à une mobi­li­sa­tion inter­pro­fes­sion­nelle sur les salaires et l’emploi le jeu­di 27 jan­vier 2022.
Il est urgent et indis­pen­sable d’agir toutes et tous ensemble, par la grève et les mani­fes­ta­tions, pour l’augmentation immé­diate de tous les salaires du pri­vé comme du public, des allo­ca­tions pour les jeunes en for­ma­tion et en recherche d’emploi, ain­si que d’améliorer les pen­sions des retraité.e.s.

Mon­treuil, le 17 décembre 2021

Le com­mu­ni­qué de presse inter­syn­di­cal en PDF

Ren­trée 2022 : tou­jours faire plus avec moins !!

Le minis­tère a pré­sen­té ce mer­cre­di 15 décembre les cartes sco­laires 1er et 2nd degré pour la ren­trée pro­chaine. Alors que la situa­tion est déjà très lar­ge­ment dégra­dée dans les écoles et les éta­blis­se­ments sco­laires (classes sur­char­gées, manque de per­son­nels, recours accru aux per­son­nels pré­caires, burn-out dans cer­tains ser­vices…), le ministre, pour le der­nier bud­get de ce quin­quen­nat, n’a pas ralen­ti l’allure du déman­tè­le­ment et de la sup­pres­sion des moyens en personnels.

Arguant d’une baisse démo­gra­phique, le minis­tère va réa­li­ser le triste exploit de ne créer aucun poste dans le 1er degré tout en en sup­pri­mant de nou­veaux dans le 2nd degré.

Dans sa pré­sen­ta­tion, le minis­tère tente pour­tant de mas­quer ce fait en fai­sant une pré­sen­ta­tion de sa carte sco­laire en moyens d’enseignement et non en postes, inté­grant la hausse des décharges de direc­tion du 1er degré, les heures sup­plé­men­taires et le pas­sage de la très grande majo­ri­té des sta­giaires d’un mi-temps à un temps plein d’enseignement.

Pour la CGT Éduc’action, il s’agit d’une méthode mal­hon­nête. Les décharges de direc­tion d’école ne sont pas des moyens d’enseignement, les heures sup­plé­men­taires ne sont pas absor­bées par les per­son­nels trop épui­sés, la réforme de la for­ma­tion ini­tiale va fra­gi­li­ser les sta­giaires, au risque de mul­ti­plier les démis­sions et va dégra­der les condi­tions d’étude des élèves.

En revanche, alors que la crise sani­taire démontre l’absence criante de moyens de rem­pla­ce­ment, rien n’est enga­gé pour y pallier.

Quant à la créa­tion de 300 postes de CPE, il s’agirait d’accompagner la poli­tique de mixi­té sociale du minis­tère, en par­ti­cu­lier les inter­nats d’excellence. Cela n’est donc pas fait pour amé­lio­rer glo­ba­le­ment les ser­vices Vie sco­laire qui en ont tel­le­ment besoin. D’ailleurs, il n’y a aucune créa­tion de postes d’AEd mais l’imposition de l’équivalent de 800 postes en heures sup­plé­men­taires dans le but de sur­veiller des cours en vidéo en l’absence d’enseignant·es.

Le minis­tère va encore plus loin dans le cynisme et le mépris des per­son­nels en créant, pour la pre­mière fois depuis des années, 80 postes admi­nis­tra­tifs dédiés à l’encadrement du SNU, marotte idéo­lo­gi­que­ment dan­ge­reuse et socia­le­ment inutile du gou­ver­ne­ment. Paral­lè­le­ment, il pousse même le vice jusqu’à sup­pri­mer 30 postes dans l’administration cen­trale alors que les ser­vices sont déjà exsangues et que les per­son­nels paient de leur san­té cette situation.

De même, la créa­tion de 50 postes d’infirmier·ères et d’assistant·es sociaux·ales, pré­sen­tée sans dis­tinc­tion entre les deux caté­go­ries, est notoi­re­ment insuf­fi­sante, sur­tout dans le contexte de crise due au covid et mépri­sante pour ces métiers.

Notre orga­ni­sa­tion syn­di­cale condamne ce bud­get et la répar­ti­tion des postes qui entrai­ne­ront une nou­velle pro­fonde dégra­da­tion des condi­tions de tra­vail des per­son­nels et d’étude des élèves. Alors que la baisse démo­gra­phique était l’occasion de dimi­nuer les effec­tifs par classe et d’améliorer l’accompagnement péda­go­gique des élèves, le minis­tère fait une nou­velle fois le choix d’un froid et gla­çant tra­vail comptable

La CGT Éduc’action conti­nue de por­ter cette urgence et appelle les per­son­nels à se mobi­li­ser rapi­de­ment, par­tout où c’est pos­sible et néces­saire, afin de por­ter ces justes exigences.

Mon­treuil, le 16 décembre 2021

Le com­mu­ni­qué de presse en PDF

Non au bac Blanquer !

Les orga­ni­sa­tions et fédé­ra­tions syn­di­cales SNES-FSU, SNEP-FSU, SNFOLC et FNEC FP-FO, SNALC, CGT Educ’action, SNCL-FAEN et SUD édu­ca­tion se sont réunies le 7 décembre 2021.

Elles renou­vellent leur opposition :
– au contrôle conti­nu qui abou­tit à une aug­men­ta­tion de la charge de tra­vail des élèves et des personnels,
– aux pres­sions mul­tiples contre les ensei­gnantes et les enseignants,
– à la déna­tu­ra­tion de nos mis­sions qui fait perdre le sens de nos métiers,
– à une aug­men­ta­tion des inéga­li­tés entre les élèves,
– à la mise en concur­rence des disciplines,
– à un bac­ca­lau­réat « mai­son » qui accen­tue le tri social dans Parcoursup,
– aux sup­pres­sions de postes pro­gram­mées par la réforme Blan­quer du lycée.

Elles consi­dèrent que le Pro­jet Local d’Evaluation est un outil de mise en place du contrôle conti­nu qui accen­tue les inéga­li­tés de trai­te­ment entre les can­di­dates et les can­di­dats. Elles en demandent la sup­pres­sion. La tenue des épreuves de spé­cia­li­tés en mars dégrade l’enseignement des dis­ci­plines concer­nées et pro­voque un stress inac­cep­table chez les élèves, au seul motif de la prise en compte des épreuves dans Par­cour­sup. Nos orga­ni­sa­tions syn­di­cales s’opposent à la tenue des épreuves de spé­cia­li­té en mars et exigent leur report au mois de juin. Plus glo­ba­le­ment, elles demandent dès la ses­sion 2022 le réta­blis­se­ment du bac­ca­lau­réat natio­nal avec des épreuves natio­nales, ter­mi­nales, ponc­tuelles et ano­nymes, seule orga­ni­sa­tion des exa­mens gage d’égalité entre les lycéennes et les lycéens. Elles demandent la mise en place d’un plan d’urgence pour l’Education, pour les lycées, par­ti­cu­liè­re­ment frap­pés par les sup­pres­sions de postes dont la réforme du lycée a été l’occasion. Depuis la ren­trée 2021, dans de nom­breux lycées et col­lèges, la mobi­li­sa­tion inter­syn­di­cale contre le PLE, pour garan­tir la liber­té péda­go­gique des ensei­gnantes et des ensei­gnants, tra­duit l’attachement des per­son­nels à l’existence du diplôme natio­nal, pre­mier grade uni­ver­si­taire. Atta­che­ment expri­mé par de nom­breuses prises de posi­tion uni­taires dans les éta­blis­se­ments, les dépar­te­ments et aca­dé­mies, par des ras­sem­ble­ments, des vœux com­muns pré­sen­tés dans les comi­tés tech­niques aca­dé­miques et départementaux.

Les orga­ni­sa­tions et fédé­ra­tions syn­di­cales SNES-FSU, SNEP-FSU, SNFOLC et FNEC FP-FO, SNALC, CGT Educ’action, SNCL-FAEN et SUD édu­ca­tion sou­tiennent toutes les ini­tia­tives des personnels.

Elles appellent à ampli­fier la mobi­li­sa­tion contre le bac Blan­quer et décident de prendre toutes les ini­tia­tives natio­nales néces­saires, y com­pris la grève, pour gagner le retour, dès 2022, à un bac­ca­lau­réat avec ses épreuves natio­nales, ponc­tuelles, ter­mi­nales et anonymes.

Elles appellent à ampli­fier les Heures d’Information Syn­di­cales et Assem­blées Géné­rales dans le cadre syn­di­cal le plus large possible.

Mon­treuil, le 12 décembre 2022

Lire le com­mu­ni­qué inter­syn­di­cal.

Pro­jet minis­té­riel d’évaluation des lycées GT : Le contrôle conti­nu en pratique…

Depuis 2018, Par­cour­sup orga­nise la sélec­tion géné­ra­li­sée pour l’accès à l’enseignement supé­rieur. Ce chan­ge­ment aurait eu des impacts sur les pra­tiques d’évaluations dans nos éta­blis­se­ments, même avec le main­tien du bac­ca­lau­réat en contrôle final, mais la mise en œuvre du contrôle conti­nu accen­tue la logique du « bac mai­son », des pres­sions sur les per­son­nels et du stress des élèves. C’est pour­quoi il est fon­da­men­tal d’abroger Par­cour­sup autant que le contrôle conti­nu au lycée.

En atten­dant, avec l’annonce de la néces­si­té d’élaborer un « pro­jet d’évaluation » (PE) par éta­blis­se­ment en cette ren­trée, il est impor­tant de prendre de la hau­teur sur les ques­tions d’évaluation. Ce guide pro­pose aus­si des outils de défense concrets dans les éta­blis­se­ments contre le pas­sage en force de ces pro­jets qui vont res­treindre notre liber­té péda­go­gique et accen­tuer le rôle d’exécutant∙es que le minis­tère veut nous assigner.

Voir le dos­sier 4 pages.

Des per­son­nels épui­sés face à la ges­tion approxi­ma­tive de la crise sanitaire

Le pre­mier ministre a annon­cé ce lun­di 6 décembre une évo­lu­tion du pro­to­cole sani­taire dans les écoles et un pas­sage au niveau 3 de celui-ci entrai­nant un retour du masque en exté­rieur, une limi­ta­tion du bras­sage des élèves et des acti­vi­tés spor­tives. C’est donc la seconde fois en dix jours que le gou­ver­ne­ment change les règles sani­taires face à une reprise épi­dé­mique dans le pays. Si cette déci­sion ne change pas pro­fon­dé­ment les choses dans la lutte sani­taire, elle indique une nou­velle fois les tâton­ne­ments et les approxi­ma­tions dont font preuve le gou­ver­ne­ment et le minis­tère de l’Éducation nationale.

Pour l’heure, dans les écoles, on reste donc sur la règle du dépis­tage sys­té­ma­tique sans fer­me­ture sys­té­ma­tique des classes dès le pre­mier cas Covid ren­con­tré. Cette pro­cé­dure, exten­sion de l’expérimentation menée dans dix dépar­te­ments depuis quelques mois, n’a pas mon­tré son effi­ca­ci­té pour frei­ner la conta­mi­na­tion mais « amé­liore » seule­ment les chiffres de fer­me­tures de classes.

Si la CGT Éduc’action est favo­rable à des mesures per­met­tant de gar­der le plus pos­sible les classes ouvertes afin de main­te­nir le lien péda­go­gique, elle reste très dubi­ta­tive face à ce pro­to­cole qui ne pré­sente pas les meilleures garan­ties sur le plan sani­taire pour les élèves, les familles, mais aus­si les per­son­nels. Pire, cette pro­cé­dure a de nom­breux trous dans la raquette puisqu’elle ne prend pas en compte les cas avé­rés sur­ve­nus dans la sphère pri­vée ou extra­s­co­laire et qu’elle laisse les familles se débrouiller avec les tests alors que les labo­ra­toires sont actuel­le­ment débordés.

Elle génère sur­tout une nou­velle dégra­da­tion des condi­tions de tra­vail des per­son­nels ensei­gnants qui se voient dans l’obligation de jon­gler dans la mise en place du pro­to­cole et le main­tien des appren­tis­sages dans des bonnes condi­tions. Pour la CGT Éduc’action, il est inac­cep­table que les équipes édu­ca­tives gèrent seules l’ensemble du dis­po­si­tif qui sus­cite par­fois des ten­sions avec les familles et entraine imman­qua­ble­ment une sur­charge de tra­vail et un stress sup­plé­men­taire. Péda­go­gi­que­ment, elle est éga­le­ment très pro­blé­ma­tique et inéga­li­taire puisque les élèves reviennent au compte-goutte après les résul­tats de leur test. De plus, elle fait croire aux familles que les classes ne fer­me­ront plus (ce qui est faux) et que les per­son­nels pour­raient assu­rer un ensei­gne­ment mixte (distanciel/présentiel), ce qui est impos­sible et que nous refu­sons. Après 18 mois de ges­tion chao­tique de la crise sani­taire, les per­son­nels sont épui­sés de ces chan­ge­ments inces­sants et approxi­ma­tifs, mais aus­si de pal­lier l’inconséquence de l’institution.

La CGT Éduc’action consi­dère qu’il est urgent que le minis­tère de l’Éducation natio­nale entende ses reven­di­ca­tions et celles des per­son­nels pour tra­vailler serei­ne­ment dans les écoles et éta­blis­se­ments mais aus­si pour amé­lio­rer les condi­tions d’accueil et de tra­vail. Pour cela, il faut un plan d’urgence per­met­tant de recru­ter immé­dia­te­ment et mas­si­ve­ment des per­son­nels afin de géné­ra­li­ser les dédou­ble­ments ain­si que le rem­pla­ce­ment des per­son­nels absents pour évi­ter les bras­sages et amé­lio­rer le sui­vi de tous les élèves. Ces mesures concrètes seront indé­nia­ble­ment effi­caces à court et moyen termes pour le bien-être au tra­vail de tous les per­son­nels et l’enseignement dis­pen­sé aux élèves. Il y a donc urgence à agir.

Mon­treuil, le 7 décembre 2021

Lire le com­mu­ni­qué de presse.

Nou­velles mesures sani­taires à l’école : pas à la hau­teur des enjeux.

Alors que les taux d’incidence et de conta­mi­na­tion se dégradent glo­ba­le­ment et que les fer­me­tures de classes se mul­ti­plient, O. Véran et JM. Blan­quer viennent d’annoncer ce jeu­di 25 novembre de nou­velles mesures appli­cables dès la semaine pro­chaine dans l’Éducation nationale.

Les écoles et les éta­blis­se­ments sco­laires res­tent au niveau 2 du pro­to­cole et les mesures sani­taires actuelles res­tent appli­cables et appli­quées dans les éta­blis­se­ments du second degré. La prin­ci­pale annonce concerne les écoles où il n’y aura plus de fer­me­ture de classe sys­té­ma­tique dès le pre­mier cas posi­tif. Le gou­ver­ne­ment a déci­dé de géné­ra­li­ser l’expérimentation menée dans 10 dépar­te­ments visant à sys­té­ma­ti­ser le dépis­tage immé­diat de tou·tes les élèves de la classe et d’isoler tous les cas posi­tifs ain­si que les élèves non testé·es.

Si la CGT Éduc’action rap­pelle qu’il faut tout faire pour main­te­nir au maxi­mum les écoles et les classes ouvertes afin de pré­ser­ver l’accueil et l’égalité d’accès à l’enseignement de tou·tes les élèves, elle s’interroge face à une telle annonce. En effet, celle-ci peut être com­prise comme un des­ser­re­ment de la vigi­lance à l’heure où toutes les mesures doivent être prises afin de garan­tir au maxi­mum la sécu­ri­té sani­taire des per­son­nels et des familles, mais aus­si de garan­tir le fonc­tion­ne­ment le plus nor­mal des écoles. Pour nous, il est hors de ques­tion de lais­ser croire aux per­son­nels et aux familles que plus aucune classe ne sera fer­mée au regard de la com­plexi­té de mise en œuvre de ces mesures. Dans les dépar­te­ments  expé­ri­men­taux, des classes ont été tout de même fer­mées car trop de cas posi­tifs ou par impos­si­bi­li­té d’avoir les résul­tats sous 48h. Il est aus­si hors de ques­tion que les per­son­nels soient ame­nés à assu­rer simul­ta­né­ment leurs cours en pré­sen­tiel et distanciel.

Pour la CGT Éduc’action, l’application de ce pro­to­cole relève de l’unique res­pon­sa­bi­li­té des auto­ri­tés hié­rar­chiques du minis­tère de l’Éducation natio­nale et des auto­ri­tés sani­taires. Elle n’incombe en rien aux équipes péda­go­giques des écoles. Mettre en place et appli­quer cette nou­velle stra­té­gie sani­taire est plus que chro­no­phage et stres­sante pour les personnels.

C’est d’ailleurs ce qui était déjà sou­li­gné dans les 10 dépar­te­ments expé­ri­men­taux alors que les taux de conta­mi­na­tion étaient bien moindres. Dans ces condi­tions, il est pro­bable que cela ne suf­fise pas à empê­cher les fer­me­tures de classe et sus­cite l’incompréhension des familles.

La CGT Éduc’action conti­nue de reven­di­quer la créa­tion immé­diate de postes afin de mul­ti­plier les dédou­ble­ments et d’augmenter les moyens de rem­pla­ce­ment pour évi­ter au maxi­mum le bras­sage lors d’absences de col­lègues. Il est éga­le­ment néces­saire de mul­ti­plier les cam­pagnes de tests et de lan­cer un tra­vail ins­ti­tu­tion­nel afin d’informer et de convaincre les  familles d’y par­ti­ci­per. Les per­son­nels et les élèves ne doivent pas être les vic­times d’une poli­tique sani­taire gou­ver­ne­men­tale qui dété­riore les condi­tions de tra­vail et d’étude de toutes et tous.

Mon­treuil, le 25 novembre 2021

Voir le com­mu­ni­qué en PDF : nouvelles_mesures_sanitaires_ecole

Per­son­nels de l’éducation, nous devons res­ter toutes et tous uni⋅es contre l’extrême droite !

En 2017, lors de la der­nière élec­tion pré­si­den­tielle, moins de 5% des enseignant·es et des per­son­nels de l’éducation ont voté pour Marine Le Pen. Le monde de l’éducation a jusqu’alors résis­té à la per­cée de l’extrême-droite de ces der­nières décen­nies. Depuis 2017, les médias montent en épingle des enseignant·es engagé·es auprès de Marine Le Pen ou aujourd’hui d’Éric Zem­mour. Or on constate qu’il s’agit, et heu­reu­se­ment, d’un phé­no­mène très marginal.

Com­ment l’expliquer ? En tant que syn­di­ca­listes nous avons une connais­sance pri­vi­lé­giée de l’institution et de ses per­son­nels. Nous sommes convaincu·es que cette résis­tance aux idées d’extrême-droite est bel et bien indis­so­ciable des aspi­ra­tions qui pré­sident aux métiers de l’éducation.

Et pour cause : être un·e professionnel·le de l’éducation, c’est faire sien l’héritage des Lumières, de la Révo­lu­tion fran­çaise, des conquêtes répu­bli­caines, contre l’obscurantisme et la pen­sée rétro­grade. C’est por­ter l’histoire de la construc­tion d’une école éman­ci­pa­trice, des grandes batailles pour la laï­ci­té et contre la main­mise des églises sur l’enseignement, pour l’extension et la défense du ser­vice public.

Être un·e professionnel·le de l’éducation, c’est avoir la convic­tion que chaque élève a sa place dans notre socié­té. C’est donc œuvrer au quo­ti­dien pour la tolé­rance et, à l’échelle de sa classe, de son éta­blis­se­ment, pour que les pré­ju­gés anti­sé­mites, racistes, LGB­TI­phobes et sexistes ain­si que toutes les formes de dis­cri­mi­na­tions reculent. C’est d’ailleurs ce qu’exigent de nous les pro­grammes scolaires !

Enfin, être un·e professionnel·le de l’éducation, c’est assu­mer la ferme convic­tion que notre objec­tif est bien de for­mer des citoyen·nes éclairé·es, et que la péda­go­gie, la bien­veillance, la construc­tion de la confiance avec les élèves et les familles, l’innovation ne sont pas des gros mots mais bien les leviers d’une école qui per­mette à toutes et tous de réussir.

Or, l’extrême droite repré­sente l’inverse de tout cela. Elle incarne le cou­rant poli­tique issu en droite ligne de l’opposition à la Répu­blique et à ses valeurs, depuis la Révo­lu­tion jusqu’à la guerre d’Algérie, en pas­sant par le régime de Vichy. Les récentes inter­ven­tions de certain·es de ses représentant·es les plus média­tiques le confirment, même si plu­sieurs années de ten­ta­tive de “dédia­bo­li­sa­tion” ont pu le faire oublier. Elle repré­sente le cou­rant le plus hos­tile au syn­di­ca­lisme, à la démo­cra­tie sociale, aux acquis du mou­ve­ment ouvrier.

Elle est hos­tile à l’immigration, au fémi­nisme, aux droits des per­sonnes LGBTQIA+ : dans le champ de l’éducation, elle s’est illus­trée ces der­nières années par son oppo­si­tion à toutes les poli­tiques visant à pro­mou­voir l’égalité. Plus géné­ra­le­ment, on ne compte plus le nombre de per­son­na­li­tés d’ex­trême-droite condam­nées par la jus­tice pour pro­vo­ca­tion à la haine raciale.

Enfin, elle est vent debout contre ce qu’elle appelle le “péda­go­gisme”, reven­dique un retour à l’école de l’estrade et des puni­tions, porte dans la socié­té une vision décli­niste et rétro­grade de l’école, dans laquelle les enseignant·es seraient au fond les idiot·es utiles d’une menace sourde sur le des­tin de la France. Elle porte la lourde res­pon­sa­bi­li­té de la dési­gna­tion des enseignant·es comme bouc-émis­saire des colères identitaires.

L’extrême-droite ne condamne jamais l’insuffisance des moyens attri­bués à l’éducation. Jamais l’extrême-droite ne parle des vraies dif­fi­cul­tés des per­son­nels qui ont vu leurs condi­tions de tra­vail se dégra­der. Jamais l’extrême droite ne porte un regard cri­tique sur les inéga­li­tés sco­laires et sociales des élèves qui n’ont ces­sé de se renforcer.

Au contraire elle ins­tru­men­ta­lise les craintes pour déni­grer l’école et ses per­son­nels ou pour impo­ser des mesures de pré­fé­rence natio­nale au sein du ser­vice d’éducation. Elle fait de l’école un pré­texte pour impo­ser sa vision xéno­phobe et sécu­ri­taire de la société.

Il n’est pas dif­fi­cile d’i­ma­gi­ner ce que devien­drait l’é­cole si l’ex­trême droite pre­nait les rênes du pou­voir. Nous en avons déjà une illus­tra­tion dans les muni­ci­pa­li­tés tenues par l’ex­trême droite avec des mesures anti-sociales telle que la fin de la gra­tui­té de la can­tine ou des trans­ports pour les enfants des familles dému­nies, ou encore des entraves dans l’accès aux acti­vi­tés périscolaires.

Pour nous, res­pon­sables syndicaux·ales de plu­sieurs orga­ni­sa­tions de l’Éducation natio­nale, les per­son­nels ont un rôle à jouer, par­ti­cu­liè­re­ment en cette période de cam­pagne pré-élec­to­rale. Nous appe­lons donc solen­nel­le­ment les per­son­nels de l’Éducation natio­nale à faire front contre la mon­tée de l’extrême droite et ses idées, sur nos lieux de tra­vail comme dans le débat public.


Fré­dé­ric Mar­chand, Secré­taire géné­ral de l’UNSA Education

Benoît Teste, secré­taire géné­ral de la FSU

Maud Vale­geas, Co-secré­taire fédé­rale de SUD éducation

Isa­belle Vuillet, Co-secré­taire géné­rale de la CGT Educ’action

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Thème original d' Anders Noren - modifié par J.-B. Barilla