Auteur/autrice : CGT Éduc'action Picardie (Page 10 sur 13)
Alors que les taux d’incidence et de contamination se dégradent globalement et que les fermetures de classes se multiplient, O. Véran et JM. Blanquer viennent d’annoncer ce jeudi 25 novembre de nouvelles mesures applicables dès la semaine prochaine dans l’Éducation nationale.
Les écoles et les établissements scolaires restent au niveau 2 du protocole et les mesures sanitaires actuelles restent applicables et appliquées dans les établissements du second degré. La principale annonce concerne les écoles où il n’y aura plus de fermeture de classe systématique dès le premier cas positif. Le gouvernement a décidé de généraliser l’expérimentation menée dans 10 départements visant à systématiser le dépistage immédiat de tou·tes les élèves de la classe et d’isoler tous les cas positifs ainsi que les élèves non testé·es.
Si la CGT Éduc’action rappelle qu’il faut tout faire pour maintenir au maximum les écoles et les classes ouvertes afin de préserver l’accueil et l’égalité d’accès à l’enseignement de tou·tes les élèves, elle s’interroge face à une telle annonce. En effet, celle-ci peut être comprise comme un desserrement de la vigilance à l’heure où toutes les mesures doivent être prises afin de garantir au maximum la sécurité sanitaire des personnels et des familles, mais aussi de garantir le fonctionnement le plus normal des écoles. Pour nous, il est hors de question de laisser croire aux personnels et aux familles que plus aucune classe ne sera fermée au regard de la complexité de mise en œuvre de ces mesures. Dans les départements expérimentaux, des classes ont été tout de même fermées car trop de cas positifs ou par impossibilité d’avoir les résultats sous 48h. Il est aussi hors de question que les personnels soient amenés à assurer simultanément leurs cours en présentiel et distanciel.
Pour la CGT Éduc’action, l’application de ce protocole relève de l’unique responsabilité des autorités hiérarchiques du ministère de l’Éducation nationale et des autorités sanitaires. Elle n’incombe en rien aux équipes pédagogiques des écoles. Mettre en place et appliquer cette nouvelle stratégie sanitaire est plus que chronophage et stressante pour les personnels.
C’est d’ailleurs ce qui était déjà souligné dans les 10 départements expérimentaux alors que les taux de contamination étaient bien moindres. Dans ces conditions, il est probable que cela ne suffise pas à empêcher les fermetures de classe et suscite l’incompréhension des familles.
La CGT Éduc’action continue de revendiquer la création immédiate de postes afin de multiplier les dédoublements et d’augmenter les moyens de remplacement pour éviter au maximum le brassage lors d’absences de collègues. Il est également nécessaire de multiplier les campagnes de tests et de lancer un travail institutionnel afin d’informer et de convaincre les familles d’y participer. Les personnels et les élèves ne doivent pas être les victimes d’une politique sanitaire gouvernementale qui détériore les conditions de travail et d’étude de toutes et tous.
Montreuil, le 25 novembre 2021
Voir le communiqué en PDF : nouvelles_mesures_sanitaires_ecole
En 2017, lors de la dernière élection présidentielle, moins de 5% des enseignant·es et des personnels de l’éducation ont voté pour Marine Le Pen. Le monde de l’éducation a jusqu’alors résisté à la percée de l’extrême-droite de ces dernières décennies. Depuis 2017, les médias montent en épingle des enseignant·es engagé·es auprès de Marine Le Pen ou aujourd’hui d’Éric Zemmour. Or on constate qu’il s’agit, et heureusement, d’un phénomène très marginal.
Comment l’expliquer ? En tant que syndicalistes nous avons une connaissance privilégiée de l’institution et de ses personnels. Nous sommes convaincu·es que cette résistance aux idées d’extrême-droite est bel et bien indissociable des aspirations qui président aux métiers de l’éducation.
Et pour cause : être un·e professionnel·le de l’éducation, c’est faire sien l’héritage des Lumières, de la Révolution française, des conquêtes républicaines, contre l’obscurantisme et la pensée rétrograde. C’est porter l’histoire de la construction d’une école émancipatrice, des grandes batailles pour la laïcité et contre la mainmise des églises sur l’enseignement, pour l’extension et la défense du service public.
Être un·e professionnel·le de l’éducation, c’est avoir la conviction que chaque élève a sa place dans notre société. C’est donc œuvrer au quotidien pour la tolérance et, à l’échelle de sa classe, de son établissement, pour que les préjugés antisémites, racistes, LGBTIphobes et sexistes ainsi que toutes les formes de discriminations reculent. C’est d’ailleurs ce qu’exigent de nous les programmes scolaires !
Enfin, être un·e professionnel·le de l’éducation, c’est assumer la ferme conviction que notre objectif est bien de former des citoyen·nes éclairé·es, et que la pédagogie, la bienveillance, la construction de la confiance avec les élèves et les familles, l’innovation ne sont pas des gros mots mais bien les leviers d’une école qui permette à toutes et tous de réussir.
Or, l’extrême droite représente l’inverse de tout cela. Elle incarne le courant politique issu en droite ligne de l’opposition à la République et à ses valeurs, depuis la Révolution jusqu’à la guerre d’Algérie, en passant par le régime de Vichy. Les récentes interventions de certain·es de ses représentant·es les plus médiatiques le confirment, même si plusieurs années de tentative de “dédiabolisation” ont pu le faire oublier. Elle représente le courant le plus hostile au syndicalisme, à la démocratie sociale, aux acquis du mouvement ouvrier.
Elle est hostile à l’immigration, au féminisme, aux droits des personnes LGBTQIA+ : dans le champ de l’éducation, elle s’est illustrée ces dernières années par son opposition à toutes les politiques visant à promouvoir l’égalité. Plus généralement, on ne compte plus le nombre de personnalités d’extrême-droite condamnées par la justice pour provocation à la haine raciale.
Enfin, elle est vent debout contre ce qu’elle appelle le “pédagogisme”, revendique un retour à l’école de l’estrade et des punitions, porte dans la société une vision décliniste et rétrograde de l’école, dans laquelle les enseignant·es seraient au fond les idiot·es utiles d’une menace sourde sur le destin de la France. Elle porte la lourde responsabilité de la désignation des enseignant·es comme bouc-émissaire des colères identitaires.
L’extrême-droite ne condamne jamais l’insuffisance des moyens attribués à l’éducation. Jamais l’extrême-droite ne parle des vraies difficultés des personnels qui ont vu leurs conditions de travail se dégrader. Jamais l’extrême droite ne porte un regard critique sur les inégalités scolaires et sociales des élèves qui n’ont cessé de se renforcer.
Au contraire elle instrumentalise les craintes pour dénigrer l’école et ses personnels ou pour imposer des mesures de préférence nationale au sein du service d’éducation. Elle fait de l’école un prétexte pour imposer sa vision xénophobe et sécuritaire de la société.
Il n’est pas difficile d’imaginer ce que deviendrait l’école si l’extrême droite prenait les rênes du pouvoir. Nous en avons déjà une illustration dans les municipalités tenues par l’extrême droite avec des mesures anti-sociales telle que la fin de la gratuité de la cantine ou des transports pour les enfants des familles démunies, ou encore des entraves dans l’accès aux activités périscolaires.
Pour nous, responsables syndicaux·ales de plusieurs organisations de l’Éducation nationale, les personnels ont un rôle à jouer, particulièrement en cette période de campagne pré-électorale. Nous appelons donc solennellement les personnels de l’Éducation nationale à faire front contre la montée de l’extrême droite et ses idées, sur nos lieux de travail comme dans le débat public.
Frédéric Marchand, Secrétaire général de l’UNSA Education
Benoît Teste, secrétaire général de la FSU
Maud Valegeas, Co-secrétaire fédérale de SUD éducation
Isabelle Vuillet, Co-secrétaire générale de la CGT Educ’action
Mardi 19 octobre, les AESH avec les personnels de l’Éducation nationale ont démontré que la mobilisation s’intensifie, le nombre de grévistes progresse. Ils et elles ont manifesté, se sont rassemblés en assemblée générale, ont été reçu·es (ou pas) en audience. Il a été fait la démonstration aujourd’hui que l’heure n’est ni à la résignation ni à l’acceptation d’une grille indiciaire minable.
En France, ce sont plus de 80 rassemblements et manifestations avec plus de 3000 personnes réunies devant le ministère. Dans les Bouches-du-Rhône pas moins de 9 rassemblements, des centaines de personnels à Bordeaux, Lyon, Toulouse, Clermont-Ferrand, Lille, Beauvais, Chalon-sur-Saône, Limoges, Nantes, Laval, Montpellier, Nancy, Perpignan, Béziers, Nice, Toulon, Grenoble, Caen, Châteauroux, Poitiers, Reims, Quimper et dans bien d’autres départements : les AESH sont déterminé·es à faire entendre leur colère.
Des audiences refusées ou accordées mais se cantonnant à des réponses stériles ont été suivies ou précédées d’assemblées générales. Les AESH réaffirment qu’ils·elles sont des professionnel·les devant réaliser des gestes techniques, adopter des postures expertes pour contribuer à la réussite de la scolarisation des élèves en situation de handicap. Ils·elles ne sont ni ATSEM, ni animateur·trices jeunesse et sport, ni aides à domicile ni agent·es d’entretien, ni agent·es administratif·ves, ils·elles ont un métier qui doit être reconnu par le salaire et le statut.
Les revendications restent identiques : création d’un véritable statut de la Fonction publique avec une augmentation des rémunérations sur toute la carrière, garantie de la possibilité de contrats à temps complet, abandon des PIAL et la politique de mutualisation des moyens, recrutement massif permettant aux élèves en situation de handicap de bénéficier d’un accompagnement à la hauteur des besoins.
Les AESH se prononcent fortement pour une poursuite du mouvement. Les différentes actions rendent visibles leurs conditions de travail et de rémunération.
Force est de constater que le rapport de force se construit progressivement. L’intersyndicale ne manquera pas de se réunir très rapidement pour continuer à soutenir la construction du mouvement.
Montreuil, le 20 octobre 2021
Lire le communiqué.
La CGT Éduc’action sait depuis longtemps que Jean-Michel Blanquer a un problème avec les personnels de son ministère et avec des notions pourtant importantes comme la liberté pédagogique, la laïcité et le statut général de la fonction publique.
Il vient de franchir une nouvelle limite en menaçant les enseignant·es qui auraient un « problème avec les valeurs de la République ». C’est inacceptable.
Inacceptable de laisser entendre que les personnels auraient un problème avec la République, les pointant une nouvelle fois du doigt et les livrant à la vindicte de celles et ceux qui tentent d’imposer la peur et la haine de l’autre dans le débat public.
Inacceptable de se réfugier derrière les « valeurs de la République » pour faire passer sa propre vision d’une laïcité quasi mystique, instrumentalisée pour disqualifier de fantasmé·es « islamo-gauchistes » abreuvé·es d’idéologie « woke ».
Les enseignant·es n’ont pas de problème avec les valeurs de la République. Elles et ils respectent la loi en suivant les programmes, quoi qu’elles ou ils puissent en penser. Bref elles et ils font leur travail.
En revanche, les enseignant·es, comme n’importe quel·les citoyen·nes, peuvent effectivement être en désaccord avec les réformes de leur ministre, avec son idéologie et avec le mépris qu’il affiche trop souvent à leur égard. Nous rappelons d’ailleurs que le statut de la fonction publique est attaché à la conception de fonctionnaire citoyen·ne dont découlent certaines libertés permettant aux fonctionnaires de manifester leur opposition à la politique ministérielle.
La CGT Éduc’action condamne fermement les menaces à peine voilées du ministre. Elle lui rappelle que la République ne se réduit pas à sa vision idéologique et réactionnaire. Elle lui rappelle également qu’il n’est pas irréprochable sur la question de la laïcité puisqu’il continue de favoriser l’enseignement privé catholique (budget, intégration dans l’éducation prioritaire…).
Elle continuera à s’opposer pied à pied à ses réformes élitistes de tri social et à sa politique autoritariste à l’encontre des personnels et des élèves.
Montreuil, le 20 octobre 2021
Lire le communiqué.
Le projet d’évaluation, après « validation par le conseil pédagogique » (alors que le code de l’Éducation, supérieur dans la hiérarchie des normes, précise que le conseil pédagogique n’est que consultatif et « ne peut porter atteinte à [notre] liberté pédagogique ». Art L912‑1–1 du code de l’Éducation), est ensuite « présenté en conseil d’administration ».
Le terme « présenté » entretient un flou : doit-il être voté pour pouvoir s’appliquer ? La question est d’importance car si le projet d’évaluation est voté au CA, il pourrait intégrer le Projet d’établissement et s’imposer aux enseignant∙es (Article L912‑1–1 du Code de l’Éducation). La contrainte serait la même si ce Projet d’évaluation conduisait à intégrer au règlement intérieur la question de l’évaluation des élèves.
Or, même sans vote, une fois acté en CA, le projet d’évaluation s’appliquera aux personnels et ira rejoindre le projet d’établissement à plus ou moins brève échéance. Ainsi, ne pas voter le projet ne protège pas plus que le fait de le voter.
Tout l’enjeu est donc que le projet qui arrive au CA soit le moins contraignant possible grâce à nos actions en amont. À défaut, nous incitons les personnels à refuser ces mesures contraignantes en CA. Et il est au moins nécessaire de déposer une motion refusant de le cautionner, si possible en y associant les parents d ‘élèves.
Ci-dessous un exemple de motion.
motion projet évaluation UPSEN pdf
La rentrée est catastrophique pour les AESH !
– généralisation des PIAL avec une gestion déshumanisée de l’inclusion : changements d’affectation ou d’emploi du temps arbitraires et soudains, de plus en plus d’élèves/AESH, multiplication des établissements d’intervention, non-respect du cadre des missions, organisation du flou de la chaine hiérarchique souvent assorti de pressions, informations partielles ou fausses sur les questions de droits des AESH ;
– grille indiciaire devenant caduque alors que la précédente (2019) n’est toujours pas appliquée dans beaucoup d’académies, et toujours pas de rattrapage indiciaire applicable au 1er septembre…
Pour les AESH, la CGT Éduc’action exige :
– l’abandon des PIAL ;
– un statut de fonctionnaire catégorie B ;
– un salaire temps plein équivalent à 1,4 fois le SMIC dès 24h d’accompagnement, et l’arrêt du recours au multi-employeur ;
– la titularisation immédiate sans condition de concours ni nationalité ;
– une formation professionnelle initiale qualifiante (INSPÉ) de 24 mois avant la prise de poste ;
– des affectations sur deux établissements ou écoles au maximum ;
– le respect strict des missions ;
– la création de brigades de remplacement en cas d’AESH absent·e ;
– l’accès aux primes REP/ REP+ et à l’indemnité SEGPA / EREA / ULIS.
Toutes et tous les AESH en grève !!!
Les rassemblements et manifestations en Picardie pour le 19 octobre :
dans l’Aisne :
- L’intersyndicale CGT, FO, SUD propose de réunir les AESH qui le souhaitent à la Maison des syndicats (6 avenue Jean Jaurès) à Laon mardi 19 octobre 2021, vers 9h30 pour lister les revendications qui seront portées au DASEN.
dans l’Oise :
- Beauvais : rassemblement à 14h00, devant la DSDEN, avenue Victor Hugo. Lire le tract intersyndical.
dans la Somme :
- Abbeville, 12H15 devant le collège Millevoye,
- Amiens, 12H15 devant l’école Michel Ange,
- Domart-en-Ponthieu, 12H30 devant le collège,
- Roye, 12h20 devant le collège.
Une manifestation nationale est prévue à Paris, à 13h00, départ place Edmond Rostand, métro Luxembourg.
Lire le tract de la CGT Éduc’action.

Les organisations syndicales CGT – FO – FSU – Solidaires – FIDL – MNL – UNEF – UNL réunies le 30 août appellent à la mobilisation de l’ensemble des travailleur-ses du secteur privé et public, et la jeunesse, le mardi 5 octobre 2021.
Lire l’appel intersyndical du 30 août 2021 et le tract de la CGT EDUC’ACTION
Les rassemblements et manifestations en Picardie pour le 5 octobre :
dans l’Aisne :
- Hirson : 13h30, Maison des travailleurs, rue de Dinant,
- Laon : 10h, place des droits de l’Homme,
- Soissons : 14h30, devant l’hôpital,
- St Quentin : 15h, place du 8 Octobre.
dans l’Oise :
- Beauvais : 14h, place Jeanne Hachette,
- Compiègne : 10h, cours Guynemer.
dans la Somme :
- Abbeville : 10h, boulevard Vauban,
- Amiens : 14h, parvis de la MACU,
- Friville Escarbotin : 14h, devant la permanence du député Emmanuel Macquet.




